lundi 31 juillet 2017

Les années 80 : l'introduction des anti-vols dans les grands magasins.



Ce devait être un samedi après-midi, avec Fifi, nous étions allés voir Ghislaine à son rayon de chaussures. Elle nous montra les dernières trouvailles pour empêcher les vols qu'elle était chargée d'installer : les antivols. Il y avait deux parties en plastique, une sorte de punaise et un rectangle qu'elle plaçait de part et d'autre sur les chaussures ou les vêtements, il me semble qu'elle avait une sorte de pistolet spatial qui serrait ou desserrait bien les deux parties entre elles à la manière d'une pince monseigneur. Dans l'antivol se trouvait un truc qui déclencherait une alarme dans les portails qu'elle nous pointait du doigt et qui venaient d'être installés autour des portes d'entrée et de sortie. Nous étions très étonnés, nous nous demandions si ces antivols n'allaient pas faire des trous dans les habits ou les chaussures et Ghislaine nous expliquait que non dès lors qu'on les enlevait avec le pistolet spatial, elle nous expliquait que même si des personnes réussissaient malgré tout à voler sans se faire prendre, ils auraient des trucs avec des antivols dessus et ensuite, grosse galère pour les ôter sans pistolet spatial. Fifi a dit que nous allions faire une expérience et il a jeté discrètement un antivol à deux parties réunies dans le panier d'une mémé qui passait par là. Celle-ci est passée au travers des portails tranquillement, car ils n'étaient pas encore branchés. Ghislaine a du râler, qu'elle aurait des problèmes, blabla, ou peut-être pas du tout mais c'était Fifi qui était frustré de ne pas avoir pu jouir de sa blague, bref, dans tous les cas, Fifi a couru après la mémé, s'est présenté comme un agent de sécurité, l' a baratiné sur les antivols et les portails et a récupéré l'antivol dans le panier de la mémé bouleversée de l'existence de cette chose dans son panier « Je vous jure monsieur, je ne sais pas comment cela a pu arriver dans mon sac, je vous assure.. » Que le monsieur à qui elle s'adressait devait avoir peut-être quinze ou seize ans ne lui était pas apparu, tout à son émotion.
Il faut se souvenir qu'à l'époque, l'apparition des caisses enregistreuses c'est-à-dire qui, outre faire la somme de tous les prix étiquetés sur les produits et saisis manuellement par la caissière, étaient capables de calculer la monnaie à rendre et la somme de tout l'argent entré en caisse dans une journée, il faut se souvenir que l'apparition des caisses enregistreuses avait été considérée telle une avancée technologique spectaculaire. Je comprends que cela puisse être difficile à comprendre pour un jeune du XXie siècle qui est habitué à ce que les caisses gèrent aussi les stocks par lecture optique des codes barres et la comptabilité analytique, servent de terminaux pour la vidéo surveillance et le contrôle des temps passés et bientôt ou déjà pourra réaliser de la reconnaissance faciale des clients et des caissiers, et déclenchera des massages du dos des caissiers ou caissières dès lors que les capteurs détecteront des raideurs musculaires etc, blabla mais lorsque j'étais petite, les caisses ne faisaient que des additions et certains commerçants faisaient même les additions à la main et grosso modo. Je comprends que cela puisse être compliqué à comprendre mais à vrai dire, je crois plutôt que les jeunes ne se préoccupent pas du tout de cela. Ils voient toutes ces choses sans les voir, elles font partie du décor, ils ne s'interrogent pas, par exemple, sur le fait que ces petites merveilles d’électronique et de langage machine fonctionnent à l'électricité et que sans électricité, nos hypermarchés contemporains seraient complétement inopérants,sans parler de la marchandise perdue dans les congélateurs. Renaud, le fils des J, m'avait raconté que lorsque lui et ses parents étaient arrivés aux Etats-Unis ( Cf. un épisode précédent), ils avaient passé leur première nuit à New-York chez des amis de ses parents qui si je ne m'abuse avait un fils de son âge, blabla,, bref, il y avait eu un black out, c'est-à-dire pendant plusieures heures il n'y avait pas eu d’électricité du tout, la ville est noire et les pauvres et les moins pauvres étaient sortis en nombre piller les magasins. Pendant que les flics faisaient les cow boys. Bien sûr, avec des centres commerciaux plus ou moins isolés des habitations, les risques sont moindres.

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