jeudi 20 juillet 2017

Forum « art de primitifs, de naïfs, de brutes, de dingues ou de covfefes ? »



  • J'ai lu un article paru dans un catalogue d'objets du musée du quai Branly, article écrit par monsieur Yves LE FUR, conservateur au dit musée et qui ne doit pas être confondu avec monsieur Jean-Yves LE FUR qui dirige la publication du magazine LUI.
  • Le musée du quai Branly, c'est le musée que voulait Jacques CHIRAC ?
  • Euh, je crois que c'était le musée que voulait un mec qui s'appellait peut-être Hubert MARTIN qui a été présenté à Jacques CHIRAC par Jean-Pierre ELKABACH sur une plage dans des îles machin, Et Jacques CHIRAC qui aimait la poésie japonaise et peut-être les objets d'art africain y a été sensible.
  • Je croyais que le musée du quai Branly était le nouveau nom du musée de l'homme où avait travaillé Michel LEIRIS, genre « le musée de l'homme c'était le musée liée à la pensée coloniale et abracadrabra (dantesque), le musée du quai Branly c'est le musée liée la république curieuse des autres » mais bon, c'est en gros les mêmes collections avec d'autres notices....
  • De cela, je ne sais rien. Ce que je sais, c'est qu'en lisant le dit texte de monsieur LE FUR puis aussi quelques autres au sujet d'objet précis, j'ai éprouvé une sorte de malaise, une sorte de malentendu, un problème conceptuel comme diraient les élèves en philosophie. Moi, je dirais qu'il s'agit d' un problème de point de vue.
  • Tu veux dire que les auteurs écrivent leurs textes en regardant le monde qui s'offre à eux depuis la mauvaise montagne, c'est cela ?
  • Peut-être, ou alors qu'ils sont au bord de la mer et croient être dedans, quelque chose d'apparenté à cela..
  • Bon, bref et alors, qu'est-ce que cela donne dans le cas d'un musée d'objets d'arts dit premiers dans une ville urbaine remplie de bobo ethnos ?
  • Précisément, ce qui me dérange, serait la catégorie mentale dans laquelle sont rangés ces objets. Picasso lorsqu'il assiste à une exposition d'objets d'art dit nègre est fasciné par la puissance qu'exercent ces objets sur qui les regarde. Puissance d'évocation, puissance d'imprégnation mentale, présence(s). Pour ce que j'en sais, à aucun moment, il ne considère ces objets comme provenant d'un autre qui serait différent de lui, bien au contraire, il reconnaît dans ces formes et ces figures des motifs qui lui sont profondément familiers.
  • C'est un peu ce que diront DUBUFFET et THEVOZ, non ? Cette façon de regarder ces objets, issus de l'art dit des fous ou l'art dit des naïfs ou l'art des humains vivant encore comme les premiers humains en affirmant qu'ils sont objets d'art et non dégénérés par le marché de l'art et sa conception bourgeoise : ce sont des objets d'art intégrés à la vie alors que la bourgeoise et son mari ont tendance à rétrécir l'art à de la décoration d'intérieur, intérieur de leur maison et intérieur de leur âme où l'on se pâme...
  • Ce qui me dérangeait dans l'article que j'ai lu, mais je l'ai lu de travers et rapidement bien qu'assise dans une bibliothèque, ce qui me dérangeait était une sorte de long développement sur l'art de « l'autre », et cela me paraît complétement bidon comme ossature de raisonnement. Si ces objets nous touchent, nous émeuvent c'est parce qu'ils nous parlent de nous-mêmes.
  • L'expression « rester étranger à quelque chose » le dit assez clairement.
  • Ouais, mais là, ce sont des discours qui parle de l'autre pas de l'étranger, l'autre de l'un pas le barbare des Huns, blabla, je suis assez d'accord que c'est complémtement bidon, je crois que c'est un résultat de la condamnation de la prétention à l'universel que pouvaient avoir les occidentaux dans leurs discours.
  • Il ne faut pas confondre leur prétention à savoir mieux que les autres ce qu'est l'universel et la possibilité universelle des êtres humains. C'était leur volonté de domination au nom de l'universel des êtres humains qui était pourrie mais par les échanges entre les êtres humains nous pouvons avoir accès à des formes profondes des êtres humains.
  • L'universalité n'exclut pas le pluriel, c'est cela ?
  • Je le crois.
  • Trés bien. Je suis d'accord. Je suis toujours géné par les discours qui sont aujourd'hui mainstream sur « la découverte de l'autre » ou « la relation à l'autre ». Mon expérience est que ces discours sont toujours tenus par des personnes qui en fait cherchent à séduire, à se positionner comme l'autre à découvrir et en fait cherche à dominer la personne à qui elles déversent « leurs éléments de langage ».
  • Je suis plutôt d'accord, ces discours m'ont toujours dérangé parce qu'ils situent la discussion dans un plan méta de la discussion alors que bon, si nous discutons, nous sommes déjà dans un rapport entre deux personnes, il y a du même et il y a de l'autre ; si nous parlons dans un plan d'égalité, nous échangerons de fait, il n'y a pas à en faire un commentaire redondant, si j'en fait un discours alors c'est parce que je n'ai rien à échanger, que je suis vide et que par conséquent j'ai besoin de manger l'autre, donc je produis un discours méta, pour l'aspirer, le séduire et le dominer.
  • Est-ce que ce n'est pas plutôt pour incarner son désir et se l'approprier ?
  • J'ai envie de dégueuler.
  • Bon, revenons à notre problématique des objets d'art dit premiers.
  • Dans un autre article du catalogue, un conservateur ou chercheur exprimait son souhait que son analyse et ses recherches concernant un objet rituel d'une peut-être tribu d'australie ou de néo-zélande, exprimait son souhait que des descendants de ces tribus lisent ses articles et renouent avec le désir de rendre vivantes ces traditions. Mais le type pourrait très bien se dire, que de la même façon, il pourrait lui aussi s'intéresser aux traditions occidentales.
  • Tu veux dire quoi, toutes les traditions paysannes, tous ces trucs folkloriques...
  • Ben, oui. Tous ces objets d'art dits premiers sont peu ou prou liés à l'agriculture et aux « miracles » agricoles de la récolte. Or bon, l'agriculture c'est une vieille pratique prsente sur tous les continents.
  • Je crois que le problème est que les nazis s'étaient intéressés à tous ces trucs là comme émanation du peuple et donc que cela a en refroidi plus d'un.
  • Oui, mais les nazis s'y sont intéressés pour de mauvaises raisons parce que les nazis sont d'abord des manipulateurs et des destructeurs de ces formes-là puisqu'ils sont pour l'industrialisation. L'industrialisation du travail, l'industrialisation de la production, l'industrialisation de la mort.
  • Et le formatage et le contrôle des esprits par le martelement de la propagande ...
  • Or les formes et les figures des arts dit premiers ou naïfs ou des fous etc.. sont au contraire des semences pour maintenir et assurer la multiplicité et les variétés. Pour maintenir le terreau vivant.
  • Les variétés ... tu veux dire « les chanteurs de variétés », c'est cela ?
  • Tu es fatigué(e )?
  • Oui.
  • Nous reprendrons cette conversation un autre jour alors ?
  • Oui, voilà.
  • À bientôt.
  • À bientôt.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire