Articles

Affichage des articles associés au libellé les années 70

Lu dans le journal de JP MANCHETTE à la date du vendredi 5 mars 1971 : « je manifeste une inertie totale devant certaines tâches pourtant necessaires. Faire installer une bibliothèque dans le couloir, changer d'auto, prendre des dispositions pour les vacances. Et également, dans mon travail.

Image
Je suis à plat. Je me sens claqué au sens athlétique du terme, claqué comme un tendon, cassé comme une voix. Je voudrais faire les choses, mais leur éxécution, quand le moment en vient _ c'est trop, c'est trop. […] Lu Le DIEU DU CENTAURE (THE THREE STIGMATA OF PALMER ELDRICH) de Philip K. DICK, un des ses meilleurs livres, très excitant. Surtout c'est peut-être la seule fois où la SF de DICK prend une ampleur typiquement de SF (cosmique). Une curieuse idéologie spinoziste sous-tend ce western dans lequel un ultra-hallucinogène permet à un type de créer des réalités, et finalement toutes les réalités – il est devenu immanent comme le Dieu de SPINOZA. »

Les années 70.

Image
Nous sommes dans les années 70. Je suis assise sur la grande chaise en bois qui est à l'entrée de la pharmacie FLEURY d'où je peux regarder un serpent en métal lisse cracher de l'eau dans une soucoupe de la même matière. Le bruit de l'eau est apaisant. J'avais du demander à ma mère pourquoi il y avait toujours des serpents représentés dans les pharmacies et je ne sais plus ce qu'elle m'avait répondu. Aujourd'hui, je crois savoir qu'il s'agit de la représentation du pharmakòn, celui qui porte à la fois la connaissance pour guérir mais qui peut aussi empoisonner. Ma mère est à l'officine. Nous sommes en Suisse, à Villars-sur-Ollon, il n'y a pas de sécurité sociale mais des assurances maladie : notre père paye chaque mois pour que sa famille soit couverte par l'assurance et lorsque nous sommes malades, ma mère va à la Poste, elle demande à parler à un monsieur dont j'ai oublié le nom et qui s'occupe des assurances maladi...

Forum « l'année prochaine, j'aurai cinquante ans ».

Image
Qu'est-ce que t'en penses, toi, de fêter les cinquante années des événements de mai 1968 ? Ben, je pense que c'est une bonne idée, mais il ne faut pas que cela soit un truc d'Etat, pompier, patrimoine, etc.. Il s'agirait plus de célébrer un état d'esprit, un vent de liberté qui a soufflé sur Paris et ailleurs où les paroles et les actes se sont déliées. C'est le moment où les filles enlèvent leur soutien-gorge, c'est cela ? C'est, pour ce que j'en sais et en ai compris, la sortie du monde social tel qu'édicté par la bourgeoisie catholique, c'est pour cela qu'il se disait de « jouir sans entraves » en réaction au dogme bourgeois catho qui prônait de « serrer les dents ». Et donc cinquante ans après, ce serait la sortie de quoi ? De la bourgeoisie de cinéma ? Ah, pas mal.. Peut-être.. effectivement, un flux de paroles émanant de personnes abusées sexuellement ou socialement semblent se libérer c...

Les années 70 : la fin de l'abonnement au nouvel observateur.

Image
À la fin des années 70, notre père est entré dans le salon que nous appelions la salle et a dit d'un ton solennel qu'il avait décidé d'interrompre son abonnement au Nouvel Observateur . Je me souviens ne pas comprendre pourquoi il nous le disait à nous, soit ma sœur et moi mais peut-être ma mère était elle aussi dans la pièce. Je me souviens ne pas comprendre le pourquoi de cette solennité au sujet d'un événement qui ne me semblait pas d'une gravité profonde. Mon père avait sans doute été incapable de se dire que ce magazine était devenu « de la merdre », pourtant il avait du reconnaître qu'il ne s'y retrouvait plus ; pour lui toute chose écrite et publiée devait revêtir peu ou prou, même si de loin en loin, les oripeaux sacrés du Verbe, mais force lui avait été de reconnaître que le compte n'y était plus, que le Verbe même ironique ne s'y trouvait plus. A y regarder de plus près, sans doute serait-il possible de dire qu'il n'était p...

Dans les années 70, depuis le balcon du chalet où nous habitions, nous pouvions voir des montagnes et des glaciers dont l'une était la dent du Midi. Du moins, depuis le village où nous habitions, soit Villars-sur-Ollon, station de ski créée par des anglais, il était possible de voir cette fameuse dent du Midi. C'est pourquoi, dans mon esprit, il ne faisait pas de doute que, d'une certaine façon, nous habitions dans la machoire d'un géant qui avait quelque chose à voir avec ce démon de midi qui frappait des hommes vers cinquante ans qui partaient dès lors avec des filles de vingt ans et dont parlaient nos parents. Et je crois me souvenir interroger ma mère sur le lien entre les douze coups de midi et le démon de midi alors qu'elle passait peut-être l'aspirateur. C'est là qu'elle a du me parler du « midi de la vie » dont parle aussi l'enigme posée par la Sphinx à Oedipe devant Thèbes empestée. L'année prochaine, si tout va bien, j'aurais cinquante ans.

I had a dream :

Image
A la fin des années 70, à l'internat, il y avait un ciné-club. Il était tenu par le censeur du lycée où se trouvait l'internat (CF des épisodes précédents https://manuelleyerly.blogspot.fr/2014/05/mon-premier-grand-role-dramatique.html ). Nous ne l'aimions pas beaucoup car il portait des semelles de mousse et se promenait toujours dans les dortoirs à l'heure où les filles se déshabillent. Chacune avait vécu cette expérience de se mettre en chemise de nuit, de ranger ses habits, de se retourner et, oh surprise ! le censeur est là qui regarde ; depuis combien de temps était-il là ? impossible de le savoir car il portait des semelles de mousse et ne faisait pas de bruit en se déplaçant … Pour nous, ce n'était pas très grave, nous avions dix ou onze ans et n'étions ni formée, ni réglée, mais les filles en BEP secrétariat qui portaient déjà des soutiens gorges en dentelle et les filles de première qui lisaient des livres de littérature générale s'en plaign...
à la recherche des années 70, par manuelle-yerly
Image

Forum « La télé de papa et les médias aux datas. »

Image
L'autre jour, sur Google Actualités, j'ai vu un titre du Huffginton Post « Edouard BAER émeut la France entière en prononçant ses vœux de bonne année » et franchement, faudrait qu'au Huffington machinchose, ils et elles se réveillent : l'ORTF a disparu ! Je ne comprends pas. Ben, Edouard BAER présente une émission de radio le matin sur Radio nova, donc, un titre plus juste serait, par exemple, «  Edouard BAER a ému les personnes qui écoutait radio Nova le matin où il a prononcé ses vœux de bonne année. » Ouais, et comme nous sommes au XXIe siècle, et que le XXe siècle s'est évertué à déconstruire l'universalité des goûts et des couleurs en faisant apparaitre la diversité de la réception des œuvres et des paroles par les êtres humains, blabla, un titre plus XXI e siècle dirait « en prononçant ses vœux de bonne année, Edouard BAER a ému les personnes qu'il a émues et qui écoutait Radio NOVA ce matin-là ». O...

Les années 70 : le jour où je ne me suis pas foulée (la cheville).

Image
Dans les années 70, quand j'étais scolarisée dans le pensionnat suisse où mon père enseignait la littérature française et la philosophie (Cf. des épisodes précédents), l'hiver, les heures de sport étaient transformées en heures de ski. Nous avions chaque semaine deux matinées obligatoires et une après-midi facultative si je me souviens bien. Il faut se rappeler qu'à l'époque nous allions à l'école tous les jours même le mercredi matin et le samedi matin. À l'exception du dimanche bien sûr, réservé à Dieu ou à l'absence de Dieu(x), voire à la télévision. Bref, un matin d'un hiver, en l'an peut-être 75 ou 76, je n'ai pas eu envie d'aller faire du ski ; je pourrais écrire « je n'ai pas eu envie d'aller faire du ski encadrée par un ancien soldat de la Werchmacht » mais cela serait par pur désir d'un effet comique et relèverait d'une grande mauvaise foi puisqu'à l'époque, si je sais que mon prof de sport, mo...

Les années 70, la réforme HABY.

Image
À la fin des années 70, lorsque je suis « rentrée » en sixième, soit la première année d'étude au collège (de Platon) après déjà cinq années d'études dans les écoles primaires sans compter les études au jardin d'enfants, lorsque je suis rentrée en sixième, la réforme HABY a commencé. Je suivais encore mes classes dans le pensionnat suisse où mon père enseignait la littérature française et la philosophie et nous devions acheter nous-mêmes nos livres. Mon père avait été intéressé par mon livre d'histoire qui était peut-être d'histoire-géographie. Il l'avait feuilleté et m'avait dit que j'allais apprendre l'histoire à la façon de l'école des annales, je n'apprendrais pas l'histoire comme celle des gens illustres et célèbres mais comme celle d'une suite de mouvements d'opinions, d'incidence des techniques, d'émergence d'idées, ou peut-être m'a t-il seulement parlé d'étude de structures, de Georges DUBY ou Fern...

Les mythologiques : lorsque CARLOS paraît.

Image
Notre père aimait à rappeler lorsque le chanteur CARLOS apparaissait à la télévision dans des chemises à fleurs en chantant des chansons telles « tout nu et tout bronzé », notre père aimait à rappeler que ce garçon précisément était le fils de Françoise DOLTO. A la question de savoir si CARLOS, fils de Françoise DOLTO était la preuve de l'échec de ses théories ou la preuve que les cordonniers sont toujours les moins biens chaussés, notre père affirmait qu' « on ne peut pas savoir ». Car il était aussi possible qu'un être humain non névrosé par son enfance et ses parents soit exactement cela, gros et chantant la chansonnette débile et pas méchante. Et c'était cette possibilité qui faisait rire notre père. C'est à peu près à la même époque qu'un autre CARLOS a commencé à faire la une des journaux. Une version beaucoup plus sombre, le sans doute opposé du fils de Françoise DOLTO.

Les années 70 : Agnès B.

Image
Agnès B. était dans ma classe en huitième(CM1), septième(CM2), et sixième. Elle venait de Côte d'Ivoire, elle était copine avec la fille du directeur de l'école avec laquelle elle avait suivi les classes antérieures dans un autre home pour enfants dans le village. Nous sommes dans les années 70 et il y a encore beaucoup de pensionnats et homes pour enfants dans le village soit Villars sur Ollon (cf. des épisodes précédents), la restructuration se fera comme dans beaucoup de secteurs de l'économie des pays du continent européen dans les années 80. Agnès B. n 'était pas, comme les autres personnes africaines de la classe ou de l'école, pensionnaire mais dormait dans un home pour enfants tenu par peut-être un ami de son père, mais ce n'était pas gratuit , avait un jour précisé Agnès, si je me souviens bien (si ma mémoire ne m'abuse). J'ai un jour raccompagné Agnès à son home. C'est un souvenir que je ne comprends pas puisque je suis quand même pe...

Les années 70, le jour où j'ai eu vingt sur vingt en dictée.

Image
En l'an 79 du siècle vingt, un vendredi, le soleil brillait, la professeur de français rendait les copies et j'ai reçu la mienne avec un vingt sur vingt en dictée. Mes copines d'internat ont tiqué, « ce n'est pas possible » « il doit y avoir des fautes » « tu ne peux pas avoir vingt en dictée », j'ai ressenti un truc bizarre mais c'était vendredi, et j'ai ensuite pris le bateau reliant Evian à Lausanne, le « métro » reliant Ouchy à la Gare de Lausanne, le train jusqu'à Bex, puis le train à crémaillère jusqu'à Villars-sur-Ollon où m'attendait mon père ou ma mère pour rejoindre ensemble le chalet. Le dimanche soir, sur le bateau, FP m'a ignoré et dès lors qu'à l'internat, j'ai du me rendre à l'évidence que « mes copines » me faisaient « la gueule ». Le hasard avait voulu qu'une ou deux semaines auparavant, une pionne (une surveillante d'internat) qui avait à cœur de casser les noyaux durs de celles qui foutent l...

Les mythologiques : Jean et Renée LECUYER.

A la fin des années 60, nos parents habitaient à Villars sur Ollon. Notre père enseignait la littérature française et la philosophie dans un pensionnat suisse dirigé par un couple dont le mari avait fait ses études comme notre père ou Jacques CHESSEX au collègeSaint-Michel fondé en 1582 par des jésuites à Fribourg et dont la femme venait d'une riche famille italienne. Ils avaient racheté et l'ancien sanatorium et l'ancienne pension de jeunes filles où la femme avait étudié et voulaient faire un pensionnat moderne . « Moderne » était souvent un terme qui était employé pour dire d'abord « mixte ». Ceci bien sûr pour ce que nous en savons et avons compris . Mais il se peut que nous nous trompions. Nos parents était logés. Après un appartement dans un grand chalet situé dans le village d'à côté soit Chesières, nos parent se sont vu proposer un chalet dans Villars même à la condition de le libérer l'été car y séjournait l'encadrement des groupes d...

Je me souviens de monsieur TOUABI (les années 70)

Image
Je me souviens de monsieur TOUABI : il était à la fin des années 70 le surveillant général du collège d'Evian-les-bains où nous étions scolarisés et qui était un ancien monastère aménagé. Je me souviens de son bureau qui était une grande pièce très haute de plafond, avec de grandes fenêtres et qui se trouvait à la suite d' une première pièce aveugle et remplie de planning qu'il fallait d'abord traverser et où se trouvaient généralement des surveillants qui étaient tous des étudiants et que nous qualifions de « pions » par habitude langagière et non par expression d'une opinion ; ainsi monsieur TOUABI était-il le « surg ».La porte du bureau de monsieur TOUABI était quasiment toujours ouverte et c'était monsieur TOUABI qui , dans son bureau , avait donné, à nous les internes, les médicaments préventifs néce ssaires aux personnes ayant été en contact a vec un cas de méningite déclaré.(Cf. Un épisode précédent) . Ce n'est qu'aujour...

Les mythologiques.

Image
Dans les années 70, au cours d'un aprés-midi, les programmes télévisés habituels avaient été interrompus par un flash spécial des services de l'information télévisée. Se voyait à l'écran un tapis rouge qui se perdait dans un fond noir et devant il y avait quelques personnes peut-être des militaires et des messieurs en costume. Et aussi peut être des micros. A vrai dire, je me souviens surtout du tapis rouge qui se perd dans le fond noir. Les journalistes qui parlaient étaient très excités puisqu'il s'agissait d'un événement historique et mondial ; les journalistes parlaient beaucoup d'un tas de trucs mais, à l'écran, dans mon souvenir, ne se voyait que ce tapis rouge immobile se perdant dans le noir. Cela a été assez long, puis notre père est arrivé dans la salle où nous étions ma sœur et moi avec la télévision et peut-être ma sœur a expliqué à notre père pourquoi il n'y avait pas les programmes pour enfants sur l'écran, peut-être ét...

Les années 70 : les mythologiques.

Nous sommes sur une montagne avec des skis. Une fille pleure et dit qu'elle a froid au pied. Monsieur Hofman, notre prof de sport, a déchaussé ses skis, sorti le pied de la fille de sa chaussure et le frotte dans ses mains. La fille dont je ne me souviens le prénom continue de pleurer et monsieur Hofman, qui a passé une partie de sa jeunesse en Russie sous l'uniforme de la Wechmacht dans le cadre de l'opération Barbarrosa (on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans) et ne se laisse pas attendrir facilement, dit qu'il y a quelque chose, qu'il est possible que le pied de la fllle soit en train de geler. Solange a dit que nous pouvons aller au Roc D'orsay qui est juste à côté et où son père a en gérance le restaurant en self service. Solange insiste sur le fait que ce soit une gérance et non une propriété. Cela a l'air important pour elle. Nous sommes tous allé au restaurant du Roc d'Orsay juste à côté de l'arrivée du télécabine dont le ...

Mon premier grand rôle dramatique : Dracula.

Image
A la veille des fêtes de Noël de l'an 1978, à l'occasion de la fête des internes qui se tenait le mercredi après-midi avant les vacances, j'ai tenu mon premier grand rôle dramatique soit « Dracula » . Après le repas du soir à l'internat, qui se trouvait être le château d'Anna de Noailles au bord du Lac léman, nous avions du temps libre avant l'ouverture des dortoirs et une fille en classe de quatrième nous faisait faire du théâtre : elle était arrivée d'Annecy, attendait de se faire opérer du cœur et nous racontait les pièces de théâtre dans lesquelles elle avait joué l'année précédente. Elle nous avait montré comment avec une lampe de poche placée sous le visage, il était possible d'avoir une tête de monstre. Nous avions donc repris et travaillé l'histoire d'un vampire qui enlève une princesse pour la manger et la princesse se fait délivrer par son prince charmant. Dans la version que nous interprétions, le vampire n'était pas du t...

Les années 70 : les mythologiques : le samedi aprés-midi chez Solange.

Image
Dans les années 70, peut-être en l'an 76, je rentrais de l'école avec Solange comme tous les jours. Nous sortions de l'école en longeant les tennis, puis nous passions devant une laiterie, puis devant le cinéma où parfois nous nous arrêtions pour regarder les photos, puis devant une taverne, qui s’appelait peut-être « le Central » et faisait face à un marchand de sirupeux d'où nous regardaient Johnny Walker et Black and white, ensuite il y avait un marchand de journaux, de bonbons, de bibelots et d'images Panini, puis le supermarché la COOP, qui faisait face à des magasins de vêtements de ski, et une horlogerie-bijouterie, puis il y avait le Sporting, qui était un bar et club de nuit où Timothey Leiry a pu venir faire des conférences, puis nous passions devant chez Kunst où se trouvaient les grandes boites de peut-être cinquante crayons de couleurs Caran d'Ache et surtout les grandes boites de feutres Fibralo, puis devant une droguerie où ma maman achetait l...