mercredi 28 octobre 2015

FORUM « Ne faut-il pas préférer un peu de Médoc aux médocs ? »



  • Je n'ai pas bien compris ce grand moment d'hystérie sur la charcuterie et la viande rouge qui seraient cancérigène ?
  • Je ne sais pas trop, je crois qu'il y a une nuance entre cancérigène et cancérogène, dans un cas, le produit favorise l'apparition du cancer et dans l'autre, le produit favorise le développement du cancer.
  • Waow ! La nuance ! De toutes les façons, si ceux qui mangent de la viande et de la charcuterie ne savaient pas que d'en abuser ne fait pas du bien à l'organisme c'est qu'ils n'ont plus de cerveaux !
  • Ou plus de sensations !
  • Ben, que beaucoup de nos concitoyens ne soient plus connectés avec leur propre corps ne m'étonneraient guère ! On voit et on entend de ces trucs parfois !
  • Ouais, par exemple, j'ai lu l'interview dans Libé d'un des syndicalistes d'Air France qui a été en garde à vue suite à l'épisode de la foule en délire arrachant la chemise d'un DRH,
  • Cela aurait été des pops stars, tout le monde aurait trouvé cela normal !
  • Il existe quand même une différence entre une foule qui veut « manger » des humains par « amour » ou par « haine », non ?
  • Non, c'est pareil, parce que ce n'est pas par « amour » que la foule veut « manger » les pop stars, c'est par envie, la foule veut s'incorporer la pop star, c'est juste superficiellement que la situation semble différente.
  • Et alors ?
  • Ben, disons que je préfère les personnes qui aiment se taper une bonne assiette de charcuterie avec un bon vin ou une bonne bière que les personnes qui aiment aller voir leurs pop idoles en concert avec plus de mille personnes dans la salle !
  • Est-ce que quelqu'un a mesuré le degré de cancéro-machin d'un concert de pop ?
  • Non, mais je crois que cela rend sourd !
  • Bon, moi, ce que je voulais vous raconter au sujet du syndicaliste d'Air France,
  • Moi ce qui m'a frappé dans cet article de Libé, c'est qu'il est raconté que le mec avant de se faire interpeller par la police pour la garde à vue, était rentré de son boulot de nuit, avait pris une douche puis avait pris des somnifères pour aller dormir.
  • Et alors ?
  • Ben, moi, je suis contre les médicaments sauf exception. Et si le mec a un problème pour dormir, prendre des somnifères, c'est faire semblant de résoudre le problème, c'est comme si tu avais un début de gangrène à la jambe et que tu sniffes de la colle pour ne pas y penser. La gangrène alors tranquillement continue son travail...
  • Je suis assez d'accord, les somnifères offrent du faux sommeil, les personnes ne dorment pas pour de vrai, le sommeil est, en principe, réparateur, pendant ton sommeil, tu résous des problèmes, des conflits dans ton psychisme et dans ton corps, c'est hyper important. Dans un sommeil chimique, ton organisme ne fait pas ce travail de fond.
  • Ah, ouais, c'est un peu comme si ta voiture, tu la déposes au garage pour une révision et que les mecs et les meufs du garage ne font rien et cela à chaque fois que tu y déposes ta voiture. Et dans ce cas, je comprends bien que la bagnole, elle durera moins longtemps que si les mecs et les meufs du garage avaient bossé dessus pour de vrai.
  • Si tu veux, c'est une parabole intéressante.
  • Il n'y a aucune parabole dans ce que je viens de dire, et de toutes les façons, moi j'ai la TNT.
  • Est-ce que l'on peut être sérieux ?
  • OK, donc en ce qui me concerne, j'ai vu un reportage à la télé sur les mecs et les meufs qui se font placardisés dans leur boulot, genre ils n'ont plus de boulot à faire mais soit ils restent à leurs boulots sans rien faire pour garder leur salaire soit carrément ils continuent à toucher leur salaire sans aller bosser.
  • Je l'ai vu ce reportage, c'était hallucinant !
  • Ouais, mais bon, ce que j'ai remarqué dans le reportage, c'était que les mecs étaient toujours sous médocs.
  • Ah, ouais, je ne sais pas si c'était le même reportage mais j'avais vu à la télé un chauffeur routier qui s'était fait insulter par son patron (« genre « j'aime pas les arabes, dégage ! ») et le mec expliquait qu'il était suivi par une psy et prenait des médocs. Et dans le même temps, ce que tu voyais à l'image, c'était que le mec avait trop d'énergie et pas de langage, le genre de mec qui ferait mieux de s'inscrire à un club de boxe ou un cours de Karaté et de faire un peu de chant choral ou de cri primal pour l'aider à ce que « çà » sorte, pas du tout le genre de mec qui a besoin de prendre des médocs. Le mec n'était pas malade mais il vit dans une société malade, ce qui n'est pas la même chose ! Le mec doit juste réussir à accoucher de lui-même !
  • Moi, ce que j'avais compris en HP c'est que les médocs qui sont donnés aux malades, c'est, sauf exception, pour assurer le confort des soignants. C'est plus facile de contrôler une armée de zombies qu'une foule de patients qui se débattent avec çà.
  • C'est comme les vieux, çà m'affole, la plupart sont tous des gros drogués mais bon légalement, alors personne ne dit rien et ce sont les assistants de vie qui doivent gérer ces dingues pour des salaires de merdre !
  • Donc c'est quoi votre débat, mieux vaut se bourrer la gueule que de se droguer aux frais de la Sécu ? C'est cela ?
  • Non, ce que nous disons, c'est que les problèmes, faudrait les prendre autrement. En ce qui me concerne, je crois plus que quelqu'un qui s'est fait maltraiter à son boulot et qui a été intoxiqué par des discours, guérira plus facilement en se concentrant, dans un premier temps, sur autre chose : faire du jogging, du yoga, du judo, de la danse contemporaine, du rugby, du foot, du surf,  bref se reconstruire un corps qui lui permettra ensuite d'analyser avec du langage plus sereinement ce qui lui est arrivé. Parce que bon, prendre des médocs et parler à un psy c'est sauf exception rester emprisonné et englué dans le problème.
  • Donc, voilà, je vais pouvoir raconter enfin ce que j'avais noté dans ma lecture de l'interview du syndicaliste d'Air France ,
  • Ah, ouais, excuse, nous avons complètement digressé...
  • Dégraissé quoi ? Le mammouth ?
  • Non, le trou de la Sécu !
  • Bon, je peux parler ! Donc le mec racontait qu'à son avis ce qui avait fait dégénérer la situation entre le foule et les cadres dirigeants d'Air France était « le mépris avec lequel les cadres avaient traité une femme avec les yeux rougis qui s'était avancé face à eux en les interpellant sur les licenciements » et que ce mépris-là, la foule ne l'avait pas supporté, d'où la colère, d'où la rage. Blabla. Grosso modo, ce n'est pas verbatim mais « les yeux rougis » cela j'en suis sûr.
  • Et alors ?
  • Ben, je ne sais pas, je n'y étais pas, je ne pourrais pas dire, je n'ai pas vu les images réelles mais le récit qui est fait là ressemble à un film hollywoodien, en l'entendant, je vois des images à la Cecil B DE MILLE : Elisabeth Taylor les yeux rougis s'avançant vers Richard BURTON, blabla, etc...
  • Ben, parfois la vie ressemble à du cinéma.
  • Cela, je n'y crois pas. Soit la foule s'est faite manipuler, soit le récit cherche une explication a posteriori,
  • C'est vrai que l'histoire d'une foule qui jugerait et jaugerait le « mépris » de quelqu'un dans une telle situation fait écho en moi à l'histoire du « regard suggestif » qu'aurait lancé la femme de chambre de l’hôtel de luxe à New-York à DSK.
  • Tu prends parti pour les DRH d'Air France.
  • Pas du tout, j'essaye de comprendre. Je ne dis pas que le syndicaliste ment. Il essaye de raconter quelque chose, mais ce qui se passe dans une foule pour ce que j'en sais déborde les uns et les autres et n'est pas forcément compréhensible dans un seul récit. Il faudrait presque imaginer auditionner, hors dispositif policier bien sûr, toutes les personnes présentes pour tenter de se faire une idée de ce qui s'est passé et à mon avis, ce serait encore vain...
  • C'est vrai que dans « Aujourd'hui », tu as eu une interview du DRH d'air France et le mec racontait ce qui lui est arrivé depuis son intérieur. A libé, ils auraient du demander au syndicaliste de raconter son expérience de l'événement depuis son intérieur et non pas d'essayer d'en donner une interprétation parce que tout de suite, il y a recours à du pathos et des enjeux de crédibilité pour un mec qui est dans une procédure de justice.
  • Ouais, mais bon, quand tu dis que la foule se serait faite manipuler, elle se serait faite manipuler par qui ? Par les forces du mal ? 
  • Bon, moi je vais aller me taper une bonne assiette du museau de porc avec des cornichons maison et un petit verre de vin blanc parce que là je commence à sentir l'action cancérigène ou cancérogène de cette conversation.

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