lundi 13 octobre 2008

EPILOGUE. Et Louise dans tout ça ? ....


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Maurice lisait mollement un article dans le journal....
« Mystérieuse population … Qui sont les artistes, qui aujourd’hui survivent ? Aucune analyse exhaustive n’a jamais été menée quant à l’objet. En attendant les artistes restent de grands inconnus. Dès lors comment vivre et travailler ? ....
Même si les formes ont radicalement changé, le système économique a été profondément modifié depuis l’avènement de la bourgeoisie en tant que classes dirigeantes et par conséquent leur influence in fine sur les fonctionnements des systèmes de reconnaissance des formes d’actualités de la Chose qui nous parle, de son état, de ses directions, etc... Ainsi, « Notre statut a des points forts, revendique Jean-Marc Bourgeois, vice-président de l’association de la Maison des artistes. Il nous considère du point de vue du Trésor Public comme des libéraux et non assujettis au prélèvement de l’impôt indirect et indistinct quant aux transactions de la Chose dès lors que notre commerce envers la Chose ne dépasse pas les 27000 euros. Quant à nos cotisations envers le fonds commun de solidarité concernant les possibilités d’avoir des ennuis et des soucis, elles sont moins élevés que pour les libéraux lambda qui restent dans un commerce de transformation distancié ou normé quant à la Chose. » Certes … Mais demeure dans ce milieu d’absence de milieu un grande précarité. Cela ne serait-il que l’écho de l’état de grande précarité dans laquelle survit la Chose envers laquelle traditionnellement la bourgeoisie n’envisage liberté et par conséquent qu’ersatz de calme et de volupté ? ....
« J’ai souvent été frappé lors de mes visites d’ateliers, remarque Olivier Zeppelin, délégué aux Arts de la plastique de la Chose, de voir des œuvres. Ces artistes dont les œuvres témoignaient d’un rapport à la Chose originale. Cependant, ils vivaient quant à leur nécessité face à la forme de la chose en version imprimée du subside versé par les autorités publiques quant à la nécessité minimale de participer à la Chose publique. Il paraissait absurde que certains de ses artistes quant à la version qu’ils travaillaient ne reçoivent point un revenu minimum quant à la Chose privée et d’autres un revenu maximum quant à la Chose publique. Notre système d’allocations restent des plus invertis les personnes y travaillant n’étant pour le moins avertis quant à une certaine conception qui reste celle de la bourgeoisie. » L’article était signée du célèbre critique le fantôme de l’opération, pseudo qu’avait pris Georges afin d’avoir une vie tranquille et de pouvoir être dans l’annuaire papier des communications.....
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Lucy quant à elle, arriva à la Baleine assez tard. Elle déposa le sarcophage de Louise au vestiaire et s’engouffra. Elle espérait retrouver Maurice afin qu’il reveille Louise. Qu’elle désira secrètement prendre des nouvelles de Georges l’effleurait cependant. Quoi qu’il en soit à peine avait elle déposé le sarcophage de Louise au vestiaire qu’elle perdit le ticket qui s’envola dans un tourbillon d’air, nouvelle animation à la mode (on dit tendance mais mode c’est plus juste quant à l’état des choses quoique), bref nouvelle animation tendance et moins contestée par les autorités que les soirées mousses.....
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Lucy et Louise avaient fait un tabac avec des représentations en chaîne de spectacle de hara-kiri de Louise. Lucy allait avec Louise dans de lieux publics ou pour des animations dans des appartements. Louise réalisait l’activité incertaine de souffre-douleur ou de bouc émissaires. Les uns et les autres s’en donnaient à cœur joie. Lucy ramassait par la suite Louise en morceaux et le pactole, et ensuite briefait Louise pour qu’elle se remette en piste. Inutile de vous dire que Louise avait besoin d’un sérieux coup de main pour la sortir de cet esclavage dans laquelle la maintenait Lucy. Lucy n’y voyait pas trop le mal à cela puisqu’elle avait sur un compte en banque déposé la moitié de la somme au nom de Louise. Les années passant, Lucy reconnut son erreur grossière et décida que Louise méritait mieux. Cependant, ....
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La Récamier quant à elle arrivait sur les rotules en H.P de son propre chef. ....
-         Voilà, expliqua-t-elle aux infirmiers et médecin en garde, soignez, soignez moi tout de suite, étudiez ma maladie, je vous expliquerai tout, je souffre de la maladie de Protée.....
-         Mais on connaît, c’est de l’hystérie....
-         Ah, bon. ....
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Elle put alors s’évanouir l’esprit en paix. ....
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La Baleine continuait à faire face aux hypermarchés culturels et se voulait de fait un lieu d’artisanat local global avec recoin. Nul ne savait vraiment s’il y avait un patron en haut, certains l’appelaient Gatzby, ils avaient des lettres. ....
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Pendant ce temps....
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-         Rêverais-je ou vous cherchez à mettre en branle la procédure 456789000 verset ter de la norme internationale ISO n°’45678 ? ....
-         Comment le savez-vous ? ....
-         J’ai effectué un stage chez DAKADO, il n’y avait rien à faire et j’ai potassé tout le catalogue ISO. ....
-         Ah, ouais, demanda l’inspecteur en idiotie méfiant.....
-         Vous m’arrêtez si je me trompe mais il me semble que c’est la procédure pour l’apocalypse ? ....
-         Non, je vous arrête, l’apocalypse a déjà eu lieu au cas où vous ne seriez pas au courant, c’et celle qui concerne la renaissance. ....
-         Ah, bon ? vous êtes sûr ? ....
-         Est-ce que j’ai une tête à ________ ? ....
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L’inspecteur n’eut pas le temps de finir sa phrase car soudain une rafale de psyché allumé fit irruption dans la pièce d’à côté. Conscient de ses responsabilités, doté d’un aspirateur, il les aspira dans le sac. ....
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-         et après, demanda le stagiaire à vie, on en fait quoi ? ....
-         On les jette dans la mer, pour Protée. ....
-         Protée ? ....
-         Oui, c’est le grand chaman et guérisseur des psychés allumées. ....
-         Ah, bon ? ....
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Maurice s’était recyclé. Devenu inspecteur en idiotie malgré lui, il regrettait parfois le temps où il n’était que débutant. Le statut « stagiaire à vie », « grand débutant », etc.… n’était en fait qu’un leurre. Il y avait toujours un moment où les grands mangeurs de bières parvenaient à vous épingler une carte de visite. Voilà, inspecteur en idiotie, il recevait salaire, versait de l’argent à un fonds de pension qui ferait certainement faillite lorsqu’il devrait toucher son capital. En attendant, il cherchait femmes et enfants désespérément dans les différents supermarchés de l’amour. C’était bien sûr un parcours classique après la fréquentation assidue des supermarchés du sexe. Le monde était désormais parfaitement rationnel d’où la nécessité de gérer aussi l’irrationnel comme les psyché allumés, contrepoint (certains diraient effets pervers) à la complète rationalisation de l’humain et des voies balisées et bien éclairés. Bien sûr, il y avait un moment où ils avaient tous rêvé que cela ne serait pas comme ça. Et bien sûr, les uns et les autres continuaient d’y croire, et se réunissaient parfois dans des réunions clandestines. C’est pourquoi la réflexion du stagiaire le gênait aux entournures. Il devait maintenant soit l’assassiner soit le mettre au parfum. Maurice n’avait pas la fibre assassine. ....
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-         Tu fais quoi ce soir ? ....
-         Je pensais faire un tour au Sex and drive market....
-         Ouais, c’est de ton âge. ....
-         Bah, on en a vite fait le tour....
-         Le tour ? Le tour de quoi ? Enfin, ça ne me regarde pas, mais alors, tu serais peut-être intéressé de découvrir d’autres sortes d’activités ? ....
-         Ah, ouais, pour sûr, j’ai pas beaucoup d’imagination mais cependant je rêve toujours d’autre chose. ....
-         Très bien, à tout à l’heure. Là, j’ai à faire. ....
-         Ok, pas de problème. Je peux avoir un catalogue de quelque chose à lire en attendant ? ....
Maurice lui transmis le catalogue du matériel nécessaire aux archives ésotériques. ....
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La techn-techn-techn-technique du gendaaaarme, chantait Steven. IL appliquait avec soin toutes les techniques attrape-cons. Le durcissement de la situation économique et l’augmentation de la précarité sociale favorisaient son commerce de se créer un petit monde de geishas sur lesquels régnerait son Verbe. L’époque allait bien aux tyrans de supermarché. C’était le versant raté de la démocratie, ATTILA, BORGIA, non, juste des baronnies de « dragueur du supermarché ». Non, avait-il répondu à une personne qui l’avait qualifié ainsi en référence à une chanson qu’elle croyait assez connu, non, avait-il répondu avec tout le sérieux de tous petits barons qui se respectent, non, je travaille aux services généraux. ....
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Pendant ce temps à la Baleine, ....
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Georges tentait d’écrire l’histoire des années 90 dans une version quasi exhaustive, bien sûr, il effectuait rature sur rature et écrivait une phrase puis son inverse depuis qu’il avait grimpé au mât de cocagne (animation en vogue à la baleine), il éprouvait parfois quelques vertiges à dire quoique ce soit, son regard panoptique obtenu le faisait souvent déraper. Il avait cependant gardé une certitude indélébile, quoique peut-être un délai bile, celle selon laquelle toutes les trajectoires convergent vers cette forme idiote qui consiste en une selle de vélo. Il cherchait Maurice afin d’essayer de congeler une forme par écrit ou peut-être simplement une boîte à pétards explosant dans la tête de lecteurs ainsi : ....
« Fausse querelle. ....
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Duchamp en 1923 propose un urinoir à une exposition d’art et révèle ainsi ce qui sous-tend l’œuvre d’art à savoir qu’elle existe aussi par le regard du spectateur et rend ainsi perceptible et ainsi ouvert l’espace du dialogue du commerce des esprits au simple quidam dès lors qu’il pose son pied dans un musée et regarde une œuvre et celle de l’amateur d’art dès lors qu’il pose son regard quelque part. DUCHAMP est également préoccupé par ce statut « particulier » que revêt l’œuvre d’art (et afin de restituer les œuvres à leur public cherche à réinjecter du débat démocratique, ainsi le procés BRANCUSI contre les Etats-Unis dont DUCHAMP en est le « responsable ». On peut présupposer que ce qui intéressait DUCHAMP était ce qu’allait produire le débat qui s’ouvrait dès lors ailleurs que dans les musées sur le statut d’œuvre. Ainsi DUCHAMP est un critique d’art au sens plein, il réalise des actions qui permettent de mettre en débat ce qui prétend au statut d’œuvre. Ainsi DUCHAMP procède par excellence du déplacement, à savoir, tout est art ou rien n’est art et que là n’est pas la question mais bien dans ce commerce particulier, commerce des esprits au sens noble, s’affronter pour que se produise autre chose que ce que l’on sait. On est bien là dans cette danse nietzschéenne. L’art d’abord du mouvement de la pensée, des corps et des regards. ....
Pierre BOURDIEU dans les années 70 écrit avec son collègue PASSERON deux livres LA distinction et l’amour de l’art. Ces deux livres sociologiques à une époque à celle-ci s’exerce dans un climat de critique sociale et met en exergue l’idée que l’idée que la transmission de l’héritage culturel de nos sociétés conforte une hiérarchie sociale et ainsi introduit le doute sur les valeurs des modes de présentation de la culture, des hiérarchies culturelles : Il met l’accent sur les processus d’intimidation culturelle. Ces questionnements sont bien ceux de l’époque : interrogations sur les discours des institutions (LYTOARD), interrogations quant au véhicule même des œuvres (révolution culturelle en CHINE). Mais dans le même temps, les mêmes institutions modifient elle-même leur donne : émancipation de la femme, décentralisation culturelle, etc. ....
D’un discours sur l’autorité du père pris en somme comme point de focal dans les processus à l’œuvre, on pourrait dire qu’il s’agissait d’une erreur de focale. Ainsi Pierre BOURDIEU écrit à la fin de sa vie La misère du monde et la domination masculine. Nous pourrions émettre l’hyptohèse selon laquelle en réduisant l’héritage culturel en capital culturel. Bourdieu a de fait tel un taliban de l’esprit fait exploser quelques bouddhas qui veillaient. ....
Ainsi sont mis en circulation dans l’espace du débat, les questions de violence symbolique, de légitimité des œuvres d’art de par ce qu’elle produise comme violence sociale. Bourdieu ouvre ici une trappe qui ressemble fort au vase de PANDORE car de fait il escamote dans le débat le contenu des œuvres, contrairement à DUCHAMP qui de fait ouvre le débat précisément sur ce point. [Ainsi également lorsqu’il rédige un chèque pour son dentiste en le signant et en le lui rachetant plus cher plus tard]. Si DUCHAMP est un critique d’art (et pour critiquer il faut y croire), BOURDIEU est un critique social qui instrumentalise les œuvre d’art dans son « combat ». On pourrait également rappeler qu’à cette époque on casse des vases de l’époque MING en Chine au nom de la révolution culturelle. A la violence symbolique se substituait la violence concrète. A la même époque cependant, des jeunes repus dans des sociétés de consommation où apparemment rien ne leur manquait essayait d’imaginer le « flower power » c’est-à-dire le refus de toute forme de violence. ....
Ainsi l’histoire des arts, des critiques, des œuvres, des pensées et des idées de ce qui s’est passé dans les années 90 resterait à écrire dans cette idée que déjà à cette époque le « pré » de l’art était ouvert et qu’il n’y avait plus de murs au sens médiéval. Que le papillon DUCHAMP qui battait des ailes en 1923 avait l’air de rien peu à peu créer soit un vaste courant d’air frais. Que le morpion BOURDIEU qui tonitruait dans les années 70 avait peu à peu créé une pandémie. Mais à cela, on se tromperait de toutes les façons si on n’insérait pas dans la sauce qu’il conviendrait de raconter ceux qui quels que soient l’état de la météo et des idées cherchent d’abord quoiqu’il en soit non pas à créer la vague (cher à Hosukaï) ou à la contrer mais à être dessus quoiqu’il arrive. L’art du surf souvent méconnu a beaucoup d’adeptes dès lors qu’on cherche fortune. Et ainsi que nous le révélait un film récent et cher aux adolescents de notre époque, j’ai cité Brice de Nice, désormais il ne s’agit même plus d’avoir rapport à la vague, il s’agit d’y faire croire et de se raconter des histoires. »....
Georges relut son texte et le jeta à la poubelle.Puis, il partit en goguette.....
Sur son chemin, il croisa Lucy qui de son côté avait quelque peu perdu la mémoire de ce pourquoi elle était venue. Elle travaillait à l’atelier couture qui fabriquait des costumes en pelouse très seyant, l’idée avait été de remplacer les poils par de l’herbe avec tapis de fleurs et mousse de lichen. Un processus de construction assez complexe avec conditionnement déconditionné, il fallait être prêt pour la vingt cinquième heure selon l’expression consacrée. ....
-         Oui, disait la chef d’atelier, je connais cette mode du trente-deux décembre ou du huitième jour, mais celle de la vingt cinquième heure et plus adéquate, convient mieux.....
Lucy se dit alors que non, que ce qui conviendrait ce serait en fait la soixantième seconde.Puis elle pensa au vingt-cinquième image seconde pour les publicités subliminales et en un temps éclair, elle se retrouva avec Georges et Maurice sur une île au milieu de l’océan. Ils discutèrent quelques instants, s’aimèrent enfin très calmement, puis l’air de rien elle revint à l’atelier et Georges lui sourit. ....
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-         Alors quoi de neuf, Lucy....
-         Et bien, dix. ....
-         Ah, très bien, alors à bientôt.....
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Pendant ce temps, ....
Louise dans son sarcophage quelque peu hébétée se réveillait. 

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