lundi 13 octobre 2008

DES NOUVELLLES DE LA FORÊT, Conférence du Yéti.


« La religion des livres n’est pas à confondre avec les religions du Livre. Dans la religion des livres, aucun livre n’est sacré, aucun livre n’est révélé. Les religions du livre sont une farce sérieuse destinée à passer, à moins qu’aménager des pistes pour aventuriers sans méduse. La religion des livres constitue sans nulle doute une bourraque plus compliquée à représenter. Je vais ici par détours obligés tenter d’éclairer ces notions sans bouillons que constituent les religions constituées autour pas plus de la chose que de l’objet cependant que le mot Livre en son singulier ou son pluriel désigne précisément ce qui en crée la religion tout en l’omettant puisque sans cesse en chemin. Soyons concrets : Ainsi, BORGES, selon les propres termes de sa confession, est ce lecteur élevé par et au sein de la bibliothèque de son Père. Un homme pour lequel entre le monde et lui, existe irrémédiablement la forge de l’écrit. Notez bien que ce qui sépare l’enfant de la bibliothèque du rat de bibliothèque est ce qui précisément sépare le volcan en fusion de sa photographie parue dans un magazine illustré. Ainsi, SABATO, autre écrivain argentin contemporain du premier, hanté par la condition d’aveugle, maladie des yeux dont lui et Borges sont inégalement atteint. SABATO, lui à la différence de BORGES naît dans un milieu populaire, la révolte politique originelle quant à sa condition, le mène à Paris, où les mathématiques lui enseignent un monde paisible où règne l’harmonie, d’où il se réfugie. Lorsque, jeune laborantin, des JOLIOT-CURY, il se met à douter des recherches qu’il fait : « ceci n’est pas la vie », il fréquente les surréalistes ; entrée dans la crise qui convulsera, quoiqu’il en soit le siècle 20. Crise de folie, crise face au mépris, crise des jalousies à moins que des persiennes par lequel le monde nous regarde et ne nous est plus familier. SABATO parvient à écrire des livres afin de raconter et surtout d’épuiser cette crise survenue dans une vie dont le vernis craque, BORGES, lui la crise survenant, est déjà familier pratiquant des vertus littéraires, son écriture en est modifiée, la forme devient conte, BORGES néglige peut-être(sans doute) à tort toute possibilité du roman, il devient explorateur littéraire des écritures périphériques, n’écrit plus, se faisant voyageur littérature ; il est à noter que sa crise se résume presque archaïquement (archétypique ment) à se cogner la tête et rester cloué au lit plusieurs semaines à moins qu’une éternité pendant que sa psyché traverse des voyages et paysages quoique effrayants. BORGES n’est pas qu’un crâne, il est esprit circulant et soufflant littérature en pays d’écritures. SABATÒ est d’abord un corps et se situe avant que d’écrire au cœur du cœur battant de l’histoire (la recherche scientifique) puis dès lors la crise survenue, il relate les territoires sans frontières où se côtoient sans cesse les vivants et les morts, à moins que les seuls échappés de la Bibliothèque : surgissement du merveilleux, fantastique déroutant, vertige de notre être au monde, érosion inéluctable de notre sentiment d’appartenir à ce monde présent. Petite aparté nécessaire au bon avènement de notre développé : ainsi KLOSSOWSKI, exemple particulier, serait enfermé en art, son œuvre reste anecdotique pour profanes et profanateurs, signe pour spécialistes, gigantesque blague pour diablotins et saints, perversion de presque tout. Il serait cet enfant, prisonnier en dédale imaginale qui n’aurait d’autre choix que d’y jouer.Et Sade, son prochain, enfermé réellement en quatre murs, prend l’écriture pur assouvir jusqu’au bout les principes totalitaires et totalisant de ses désirs : il témoigne du théâtre sadique où le mène le bout de sa queue dès lors qu’elle lui monte au cerveau. SI Sade et Klossowski sont attachés aux religions du Livre, c’est parce qu’il sen écrivent l’envers, pour mieux tracer ceux qui s’y masquent sans s’y engager dans un con-texte où les religions du Livre dépassent la question des pratiquants et des croyants mais revêt en fait le masque du pouvoir temporel. Nous pourrions affirmer sans presque nous tromper que de nos jours, ce sont les religions des livres qui seraient devenus le masque obligé. Comprenez-nous bien les religions des livres ne constituent nullement une avancée puisqu’ils parasitent la possibilité plurielle de l’avènement du Livre, propre à chacun. Ces parties développées et les psychiatres évacués, nous pourrions dès lors nous attabler à ce Banquet, à cette longue table dressée depuis des millénaires où se retrouvent ainsi peu à put certaines âmes qui se sont crus en péril. Produit de circonstances, affaire de vanités, à moins que simple question de préférence entre la roulette russe et le monopoly. Il n’y a rien à envier à cette table en particulier, cependant nous pourrions seulement estimer que là est très précisément exactement ce que ceux qui s’y retrouvent désirent explicitement. C’est très particulièrement banal. L’absolue absence de qui n’aurait plus rien à désirer à moins qu’à espérer, vertige de l’inutile liberté et cependant complexité triviale de notre devenir en humanité. Ainsi, Emile Ajar, Pierre Ménard, Marcel, Georges, Maurice et les autres. »

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