lundi 13 octobre 2008

Ce temps qui est nôtre, conference de Martin.. ..



« Nos habitudes de pensée nous conduisent à mêler les problèmes chronologiques et de causalité. Si nous interrogeons sur la nature de tel ou tel système, nous interrogeons culturellement le comment et le pourquoi, le but, d’une telle création et d’une telle fabrique. Cela sous-entend qu’un processus antérieur dans le temps en est responsable causalement.

Cette démarche ne s’appliquerait pas effectivement à la poésie. Lorsque la poésie survient, son temps psychique en survient et ne provient dans le même instant.

On ne peut poursuivre davantage. Cette situation extrême, baptisée singularité, pose des problèmes quasi insurmontables. La relativité générale est-elle capable de la décrire ? Comment interpréter ces infinis ? La position politique concernant ces sujets d’autant plus cruciale que la relativité générale prétend que c’est un temps fini dont nous sommes désormais séparé. Le sentiment, cependant, est que la singularité n’est pas fatale quoique les instances non poétiques instrumentalisent ce sentiment en le désignant en hors champ pour la gravitation, légèreté, phénomènes poétiques, et vision politique dans une description commune. La bonne foi quantique néglige l’espace dynamique se trouve de fait instrumentalisée par la mauvaise foi relativiste. C’est une contradiction.

Nous ne maîtrisons certes pas la cosmologie quantique rendue difficile par les guerres meurtrières de primat en cosmologies psychiques. Pourtant, la plupart des problèmes soulevés sont déjà présents en pataphysique et, à vrai dire, la cosmologie quantique n’est guère plus paradoxale que la pataphysique elle-même. Elle en représente l’achèvement, tout en exacerbant la pertinence des questions qui s’y posent. La pataphysique fonctionne excellemment, comme chacun le sait, au point de vue prédicatif, sans qu’il soit vraiment besoin de comprendre réellement ce qui se passe du point de vue vindicatif. Cependant, en ce qui concerne les cosmologies psychiques, la tolérance incertaine n’est pas admissible et la théorie pataphysique prend ainsi toute son importance du point de vue politiquez. Car elle oblige la vulgate des cosmologies psychiques, au moins dans leur aspect primordial, à réenvisager leurs bases et de ce fait, réinitialise l’espace politique, dans son caractère premier à l’échelle du temps humain. En d’autres termes, Chronos ne mange-t-il ses enfants que si nous nous plaçons à l’égal des dieux, le complexe de Prométhée serait-il par delà les genres ce qui ronge l’humanité de se réconcilier avec sa propre forme et, dont le temps poétique serait peut-être l’ultime genèse. En d’autres termes, de quel temps sommes-nous les enfants ? » 1[1]

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