mercredi 18 novembre 2015

Forum « une ire de donzelle ne fait pas le printemps ».


  • Quand j'entends les uns et les autres parler de Bachar Al ASSAD, je trouve qu'ils et elles ont vraiment la mémoire courte.
  • C'est-à-dire ?
  • Les uns et les autres semblent avoir complétement perdu la mémoire de ce moment que furent les « printemps arabes ».
  • Et toi, bien sûr, tu t'en souviens …
  • Ce dont je me souviens, ce que les peuples tunisiens, égyptiens et syriens avaient rouvert des possibles dans leurs pays mais également en Europe. Je me souviens très bien de ces hommes et femmes politiques expliquant à la radio ou à la télé que ces peuples défendaient « nos valeurs que nous avions nous-mêmes un peu oubliés ».
  • Oui, aujourd'hui, en 2015, tout le monde s'est rapproprié le slogan révolutionnaire de 1789 « liberté, égalité, fraternité » et même si il y a encore un sacré boulot de l'ambition à sa réalisation, c'est déjà extrêmement important parce que dans les années 2000, ce slogan était considéré comme ringard de chez ringard. C'était la dictature du fric, de la frime et du fun.
  • Ouais, je me souviens de personnes qui théorisaient dans les médias sur les insiders et les outsiders. Alors ils expliquaient que t'as des personnes qui sont bien intégrées dans la société pour qui tout va bien et les autres qui sont out et pour qui tout va mal et que c'est la loterie, bing, perdu, tant pis, hahahaha ! Et ces personnes avaient l'air de croire que ce qu'elles disaient étaient intéressant et pas du tout juste de la saloperie fasciste.
  • La majorité s'était peu ou prou silencieusement rallié à la loi du fric : « c'est dégueulasse mais il n'y a pas d'autre voie possible. »
  • Tu caricatures un peu.
  • Oui , bien sûr, j'essaye de raconter pourquoi les peuples européens ont une dette envers les peuples arabes qui cherchent à s'émanciper politiquement et socialement. Quand certains nous expliquent que ce qui se passe en Syrie ne nous concerne pas, je ne suis pas d'accord : les printemps arabes ont eu un effet politique positif dans nos pays et nous avons une dette envers les individus et les peuples de ces pays arabes qui nous ont montré l'exemple.
  • L'autre jour, j'ai retrouvé un extrait d'un journal radiophonique de peut-être 2011 ou 2012 [peut-être janvier 2013], où dans la guerre en Syrie tu n'avais encore qu'un affrontement entre des forces dites loyalistes à Bachar Al ASSAD et ceux et celles qui voulaient son départ, les «  religieux » n'avaient pas encore fait leur apparition ou leur coming out, c'était encore un schéma d'affrontement entre des personnes voulant une transition de la Syrie vers un état démocratique et un autocrate s'accrochant au pouvoir,
  • Et alors ?
  • Et alors ?
  • Ben, rien, lorsque les uns et les autres parlent de barbares, ils ne doivent pas déshabiller Pierre de ses saloperies pour en habiller Paul qui en a déjà assez des siennes propres, et ce juste pour avoir bonne conscience.
  • Je suis d'accord, quand j'entends Bachar AL ASSAD parler de coopération « politique », je ne vois pas trop comment les démocraties peuvent collaborer « politiquement » avec un autocrate.
  • J'ai déjà entendu la thèse selon laquelle les services secrets américains, qui n'étaient pas des anges certes, ont vraiment perdu toute mesure quant à leurs méthodes à partir du moment où ils ont commencé à collaborer avec les services secrets syriens après le 11 septembre 2001.
  • C'est comme POUTINE, il faut quand même garder en tête quand il parle que c'est un type qui a été formé par le KGB.
  • Et Ben Ali, il est où maintenant ?
  • Je crois qu'il est en Arabie Saoudite ou aux Philippines.
  • Et Ils ont pu récupérer le pognon qu'il avait volé, les tunisiens ?
  • Je n'en sais rien. Ce que je sais, c'est que lorsqu'ils ont fui, la femme de Ben Ali avait des sacs remplis de lingots d'or auxquels elle s'accrochait.
(à suivre).

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