lundi 28 septembre 2015

FORUM « l'oeil sauvage ».





  • J'ai trouvé nul, limite et limité le dessin de RISS en une de Charlie Hebdo montrant Jesus marchant sur l'eau disant que « les chrétiens marchent sur l'eau » et un petit garçon plongeant disant que « les enfants musulmans coulent »
  • Ouais, moi aussi, et je comprends que l'on puisse être choqué. Par exemple, en ce qui me concerne, je n'avais même pas pensé à la religion du petit enfant kurde prénommé AYLAN, c'était juste un enfant mort et comme dans la peste de Camus, cette mort d'un enfant a suscité un acmé.
  • Banaliser cette expression d' « enfant musulman », je trouve cela hyper craignos, rien que pour cela, ce dessin pue !
  • Le RISS et ses collègues ont justifié le dessin en expliquant avoir voulu ridiculiser ceux qui veulent faire des tris dans les réfugiés. [faire une satire des propos de viktor Orban]
  • Est-ce que ceux ou celles qui veulent faire des tris dans les réfugiés ne sont pas ridicules simplement avec ce qu'ils disent ? Je ne trouve pas très malin d'en rajouter une couche et surtout, je ne trouve ce dessin ni drôle, ni pédagogique !
  • Cela me rappelle cette blague antisémite « comment fait-on pour mettre cinq cent juifs dans une Deux CV ? Deux à l'avant, deux à l'arrière, et le reste dans le cendrier. » Il m'a fallu du temps pour comprendre que cette blague était antisémite.
  • Ah, ouais, je ne savais pas... je me souviens que l'on me l'avait raconté et que j'avais ri.
  • Cette blague est antisémite parce qu'elle adhère à la logique antisémite : ce sont des juifs qui ont été exterminés à Auschwitz. Or ce sont d'abord des êtres humains. Donc la blague non antisémite dirait « comment fait-on pour mettre cinq cent êtres humains dans une 2cv ? Deux à l'avant, deux à l'arrière et le reste dans le cendrier. » et tu peux être sûr que, avec cette version, personne ne va rire. Enfin, presque personne. Et bien, il me semble que RISS s'est planté avec son dessin et a produit un dessin qui fait rire l'extrême-droite (ou la personne d'extrême-droite qui sommeille en chacun de nous) et qui pue. Tout le monde peut se tromper.
  • Comprendre que le fascisme est d'abord une endémie et que chacun doit balayer en lui-même est un pas important.
  • Un pas-de-porte ?
  • Est-ce que ce n'est pas un peu ridicule de tenir ce genre de propos ?
  • Oui et non.
  • Un pas important qu'apparemment n'a pas encore réalisé Maïtena BIRABEN ! Si j'en crois le verbatim donné par le site EUROPE1.fr, la BIRABEN s'est bien vautrée. Elle a repris sans aucun filtre les propos du FN à propos du FN comme le ferait n'importe quel militant de base ou porte-parole ! Totalement hallucinant !
  • Je crois qu'elle a ensuite dit qu'elle « avait parlé de la forme et pas du fond », défense pour le moins incompréhensible puisque cela empire son propre cas.
  • Je ne comprends pas cette défense, cela ne veut rien dire. Elle a juste repris exactement la forme du discours du FN, elle n'a pas parlé de la forme du discours du FN, elle a dit la forme de discours issu du FN en se l'appropriant ! Ce qui est un comble !
  • J'ai tendance à croire que cela se situe encore plus bas que plus bas, je crois que la BIRABEN a dit cela pour faire du buzz au sujet de son émission de merdre.
  • J'ai envie de dégueuler.
  • T'es optimiste, je crois que la BIRABEN a repris des discours déjà entendu sans que cela ne passe par une case d'analyse comme elle le fait pour tous les autres discours. La BIRABEN répète des trucs comme un mainate, comme une gamine, comme une fashion victim. Ce qui pose quand même un problème de responsabilité publique à une heure de grande écoute médiatique.
  • T'inquiètes pas pour cela, plus personne ne regarde Canal Plus en début de soirée et la BIRABEN va passer à la trappe, cela lui donnera l'occasion de se former une conscience politique....
  • Plus personne ne regarde la télé à ces heures-là !
  • En parlant de conscience politique et de dessinateurs, le RISS, je ne le connais pas et je ne connais pas trop ses dessins, pour moi, Charlie Hebdo, c'étaient les vieux canal historique, les WOLINSKI, CAVANNA, Docteur CHORON, CABU and co et lors du schisme en peut-être 2008, j'étais pro SINÉ, bref, le RISS, je ne le connais pas trop, mais je l'ai vu à la télé dans un reportage au début de l'été qui essayait de faire le point sur ce qui s'était passé depuis les attentats de janvier 2015 à Charlie Hebdo, blabla, et à un moment, le reportage évoquait la question de l'argent, du « trésor de guerre » qu'a amassé à l'occasion le journal et dont la gestion pose questions et problèmes au sein de la rédaction. Cela m'a intéressé parce que c'est toujours le même truc qui se répète, tant qu'il n'y a pas d'argent sur les projets, tout le monde s'entend bien et quand l'argent arrive alors il révèle des profondes dissensions et mésententes quant aux organisations soit des différences politiques entre les personnes. Bref, Charlie Hebdo n'échappe pas à la règle et dans le reportage, tu entends et vois le RISS justifier qu'il ne veut pas de coopérative au sein de Charlie Hebdo en expliquant que « la gestion de cet argent est une vraie responsabilité » !!!
  • Ah, ouais, je l'ai vu ce reportage et j'ai halluciné en entendant cela ! Genre « le journal qu'on fabrique c'est de la blague mais le fric à gérer, c'est sérieux » ! Les rois de la déconne, oui … mais on ne déconne pas avec le fric ! Je déteste cette mentalité, chez eux, la déconnade est un business, pas plus. Ils sont plus réac que les réac puissance deux.
  • Il me semble que le problème est surtout que la jeune génération de Charlie Hebdo a tendance à se prendre trop au sérieux et le fait qu'il y ait des fatwas sur eux n'arrange rien. Il me semble qu'ils n'ont pas un point de vue de déconnade existentielle.
  • Ouais, moi, j'en sais rien, je ne connais pas assez la question ou l'existentialisme qui serait un humanisme, mais je me souviens avoir lu debout au Super U de Pleurtuit des passages du bouquin de CHARB, bouquin publié après sa mort, blabla, toute une réflexion sur l'islamophobie, blabla, et bon, paix à l' âme de CHARB, mais bon, à mon avis, le CHARB avait un problème personnel qu'il essayait de résoudre au travers d'un sujet hyper complexe, il y avait comme une fixation névrotique. Son texte n'était pas drôle, parlait un peu trop sérieusement d'un sujet très délicat avec, à mon sens et goût, beaucoup trop de certitudes : l'humour doit quand même réintroduire un peu de doute et, si je peux permettre, « relubrifié » la mécanique du rire pour nous éviter de crever trop triste ou trop sec. Enfin, bon, paix à son âme. ..
  • Oui, tu as raison, paix à AYLAN.

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