mardi 1 septembre 2015

FORUM « l'éthique discutée entre supposées grandes personnes ».


  • je n'ai pas bien compris lorsqu'il y a eu l’assassinat de cette jeune journaliste américaine et de son cameraman par un ancien présentateur de la même chaîne de télévision locale d'un bled dans un état perdu des Etats-Unis d'Amérique du Nord, il était donné des précisions personnelles au sujet de la jeune journaliste telle « elle venait de se fiancer », « elle avait apporté le matin même un gâteau pour ses collègues », etc..
  • Et alors ?
  • Ben, je ne sais pas, même si la meuf était une grosse salope qui piquait les mecs de ses collègues ou copines, couchait avec son beau-père et ne savait pas faire cuire un oeuf, cela n'aurait rien changé à l'horreur du crime, non ? L'interdit est « tu ne tueras point » et donc tu ne tueras point même les salauds et les salopes … c'est le plus compliqué à comprendre...
  • Ne va pas chercher des poux où il n'y en a pas, je pense que ces précisions étaient données pour rendre un peu de chair à la victime, pour que ce ne soit pas juste une morte de plus dans la longue liste de morts égrénés dans les journaux.
  • Et pourquoi pas ? Et le caméraman, il avait une copine ? On n'en sait rien. Et les migrants qui crèvent en bateau, ils savent cuisiner, ou pas ?
  • T'exagères, il y a eu des efforts de fait pour humaniser les personnes nommées « migrants ». Moi, j'ai lu des interviews de migrants dormant dans la dite « jungle » de Calais, les médias ont montré les enfants, les médias ont commencé, je crois, à parler des migrants comme des personnes qui, comme toi et moi, ont une vie quotidienne, des ambitions et des désirs, des galères et des misères. Et ce genre de présentation démine pas mal les discours débiles et réductionnistes des extrêmes droites.
  • Là, où elle a raison, c'est qu'il n'a rien été dit au sujet du cameraman tué en direct.
  • Moi, je n'en sais rien, je suis loin d'avoir tout écouté et tout lu sur le sujet.
  • Mais c'est un truc qui nous vient des USA, quand une femme se fait plomber, on est dans le même cas que lorsqu'un black se fait plomber, tu as les blessures des populations naguère discriminées qui recommencent à saigner.
  • Je ne comprends pas.
  • C'est comme si toutes les femmes qui s'étaient fait plomber ou taper sans que personne n'y fasse gaffe refaisaient surface et essayaient de se venger.
  • Moi, je dirais que ce serait comme si les « forces du mal » (excusez-moi l'expression, j'affinerai un autre jour) prenaient l'apparence des femmes qui s'étaient fait plomber ou taper sans que personne n'y fasse gaffe et jouent sur cette culpabilité latente pour fiche la merdre.
  • Les forces du Non-être, tu veux dire ?
  • Peut-être.
  • Je ne sais pas si je vous suis sur ce terrain mais sur celui de l'américanisation de la société, il y a du vrai et moi, je ne supporte pas. L'autre jour, dans le journal LE MONDE, t'avais un article sur un mec peut-être MARTIN VIAL qui a été nommé je ne sais plus où et qui à un moment a dirigé LA POSTE. L'article était écrit par une journaliste qui faisait une longue digression sur la femme du mec et parlait d'un « couple de pouvoir » de la gauche et la meuf journaliste s'était sentie obligée de préciser l'expression anglaise « power couple » entre parenthèses, tellement cela sonne mal dans la langue de Molière.
  • La langue de Malesherbes, tu veux dire ?
  • Non, celle de Rabelais. Donc, ce que je veux dire, c'est que ce concept de « power couple » nous vient des Etats-Unis et que franchement, en Gaule, nous n'en voulons pas.
  • Tu veux dire dans la patrie de JARRY et de FOURIER.
  • Ouais, celle de Colette et Sarah BERNARD.
  • T'en dis quoi, toi ?
  • Il me semble qu'en sciences physiques, il peut être question d'un couple pour calculer le moment d'une force et alors ce serait le couple formé par peut-être la vitesse et la gravitation de l'objet, enfin je ne sais plus.
  • Au lieu de « pouvoir », il faudrait parler de « puissance » alors ?
  • Ouais, mais ce sont des conneries. Moi, je veux bien que les couples aient des puissances sexuelles différentes mais c'est une histoire de chambre à coucher, ce n'est pas à entrer en considération dans l'espace social sinon, nous sommes dans des organisations archaïques avec des couples dominants !
  • Ouais, mais je suis désolé, c'est la conception américaine ! Je me souviens avoir regardé un bout du débat entre OBAMA et le candidat Républicain de l'époque et dont j'ai oublié le nom, c'était en l'an peut-être 2012, et ben, t'avais les femmes des candidats qui étaient constamment montrées pendant le débat et, après le débat, les femmes venaient vers leurs mecs, et ce qui était mis en scène était vraiment cela, la puissance sexuelle de chaque couple. Et quand les médias disaient qu'OBAMA avait été nul, il fallait entendre qu'il n'avait pas été le plus fort en puissance sexuelle.
  • J'ai envie de dégueuler.
  • T'as raison de vouloir gerber parce que c'est une conception de l'organisation sociale atroce.
  • Ah, ouais, alors « liberté, égalité, fraternité » quoi... je comprends mieux, là.
  • A la télé, j'ai vu un reportage sur les BALKANY et à un moment, tu voyais le conseil municipal de Levallois Perret où monsieur BALKANY est (était) maire et sa femme première adjointe. Tu voyais la BALKANY lire les ordres du jour à son mari et je m'étais dit qu'il y avait un truc hyper obscène et archaïque, où la meuf chauffait son mari devant la foule. Ce serait cela alors ce que tu nommes la mise en scène de la puissance sexuelle ?
  • C'est quoi la puissance sexuelle ?
  • Je crois que vous vous trompez complètement, dans l'article sur peut-être Martin VIAL que j'ai lu aussi dans le journal LE MONDE, il était surtout question de réseau social, de couple de personnes avec fort réseau social, le « couple de pouvoir » fait référence à un « pouvoir social », pas sexuel.
  • Ce serait mal connaître les problématiques du XXIe siècle que de ne pas comprendre que les médias précisément opèrent les conversions des « pouvoirs sociaux » en « pouvoirs sexuels ».
  • Ouais, mais ce sont des conneries.
  • Ouais, mais ce sont des luttes.
  • Tu veux dire un combat contre ou avec la connerie ?
  • Ben, tout dépend. Tu me parles de quoi ?
  • Bon, je vous propose pour lutter contre le politiquement correct en provenance des USA d'écouter un peu de Serge GAINSBOURG, soit « Love on the beat », chanson sur laquelle nous dansions telles des imbéciles en boite de nuit dans les années 80, sans jamais avoir écouté vraiment les paroles.
  • Enfin, nous avons des excuses, nous n'avions pas le disque et à l'époque, il n'y avait pas d'internet.
  • Serge GAINSBOURG c'est le mec qui, bourré, avait dit à la télé à Whitney HOUSTON qu'il voulait coucher avec elle ?
  • Non, il avait dit « i want to fuck you », ce n'est pas exactement la même chose.
  • Ah, bon ?
  • Y a quand même une différence entre « j'ai envie de baiser avec toi » et « je veux te baiser », non ?
  • Y a aussi « j'ai envie de me faire baiser »ou « j'ai envie de baiser », mais là c'est plus vague comme projet...
  • Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que vous ne dites que des conneries ?
  • Pourquoi « impression » ? Ne devrais-tu pas avoir un peu plus confiance en tes jugements ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire