mercredi 5 novembre 2008

Remix : « j’ai réécrit un article signé Christophe KHIM publié dans art press n° 350, novembre 2008 ».



Des performances, où ça [ ou çà] ?
[…] Ce que les marchands désignent aujourd’hui, à tort ou au raison, par le terme de performance, participe ainsi au spectacle du spectacle de marché de dupes dans ce grand ensemble nommé par les administrations « arts vivants ».
Tout ce qui semble ne pas relever des critères des administratifs du théâtre et de la danse peut ainsi être classé sans suite dans le terme de performance et ainsi convenir à leur délire de tout administrer et contrôler.
Or peut-être la performance serait ces actions motivées par le désir d’échapper à l’emprise du catalogue et ainsi élire la marge et la frontière comme terrain d’action, le vide juridique comme lieu de la mise en œuvre du déconnu, etc..
Le jeu des praticiens de la performance est précisément, à l’instar des amérindiens face aux conquistadors dans un second temps, d’échapper à la soumission d’hypothétiques programmation, aux fantasmes des lieux spécialisées et délimitées.
Ainsi, il conviendrait de rappeler l’histoire de l’I.E.T.M, créé à l’initiative de quatre ou cinq directeurs de théâtre de quatre ou cinq pays européens différents qui s’étaient retrouvé un soir dans une petite ville italienne en rade à l’issue d’un spectacle à la recherche d’un restaurant et qui s’étaient dit ce soir-là que ce serait une bonne idée que les directeurs de théâtre des pays européens puissent se rencontrer pour notamment échanger leurs bonnes adresses de restaurant pas trop cher et proposant une cuisine locale afin de ne plus rester en rade comme ce soir-là et afin de passer de bonnes soirées dans leur quête d’œuvres à voir quoiqu’il arrive et où que ce soit (puisque l’assurance d’un bon restaurant suivrait). Ainsi, se créèrent les Informal European Theater Meeting (I.E.T.M). Informel, voilà un qualia propre à l’état d’esprit de la performance, voilà une définition bien embarrassante pour les parcours flêchés.
Ainsi, peut-être en détournant la tête des camps de divertissement, il serait possible de voir la tradition de la performance vivante dans les actions des « jeudis noirs » ou des « saint-précaires » par exemple. Leur performance fonctionne à plein régime sur le terrain juridique et économique, en pied de nez, rappelant l’inaliénabilité de la liberté et signifiant le droit d’être vivant et d’en rire, malgré les guerres.

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