vendredi 14 novembre 2008

LES ANNEES 90, fictions


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Mon premier mari n'utilisait pas de dentifrice pour se laver les dents, juste de la pâte à dents. Il trouvait les brumisateurs d'eau d'Evian " trés premier monde" . Il ne trouvait pas normal qu'un couple se discute jusqu'à ce que nous comprenions qu'il ne trouvait pas normal qu'un couple se dispute. Mon premier mari était urugayen.
Ami d'une amie qui avait fait une année d'études au Brésil au gré des échanges culturels entre universités afin que se forme la jeunesse, il m'avait tout de suite demandé en mariage : il envisageait de s'installer en France et considérait que se marier en blanc était la solution la plus simple pour obtenir des papiers. Je m'étais renseignée,je sous-louais une chambre de bonne, mon adresse n'était pas officielle, cela ne collait pas. Nous nous étions quand même revu, il m'avait emmené voir Green Card.
[...]
Il nous arrivait de nous disputer assez régulièrement au sujet de Cuba et mon premier mari avait un argument imparable : "Mieux vaut une dictature de gauche qu'une dictature de droite". Mon premier mari était urugayen. Pendant la dictature militaire, mon premier mari alors jeune lycéen formait un groupe de rock avec ses amis du Lycée Français de Montevideo et ensemble ils tentaient de traduire les paroles du chanteur rocker Alain BASHUNG dont des cassettes audio circulaient. Mon premier mari et ses amis ne comprirent pas alors ce que, dans sa chanson je serai toujours un étranger, l'auteur avait voulu signifier par l'obscur  yénenpeuplou ...
Et cela resta, pour ces jeunes bilingues français/espagnol, un mystère profond pendant de longues années...

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