lundi 27 juillet 2015

PAPY MEUJOT passe son master II à l'Université.


Papy MEUJOT avait fini par sortir les courriers provenant de l'université de sa boîte aux lettres et par ouvrir les enveloppes afin de lire les textes imprimés sur les papiers glissés à l'intérieur par des secrétaires que Papy MEUJOT imaginait forcément proche de la retraite et de mauvaise humeur car ayant épuisé tous leurs charmes dans des bureaux qu'elles quitteront définitivement bientôt. Papy MEUJOT avait commencé par lire les derniers courriers reçus selon la bonne logique de qui a laissé un peu traîner les choses. Ainsi, Papy MEUJOT avait appris qu'il avait été réinscrit dans le même master II pour l'année prochaine, que les paiements de ses droits d'inscription seraient pris en charge par un fond dont il ignorait l'existence, que des secrétariats reprendraient contact avec lui si des informations administratives leur manquaient, etc. Papy MEUJOT comprenait peu à peu en remontant le fil de l'histoire au travers des proses diverses et variées qui lui avaient été envoyées que l'équipe enseignante craignait de ne pas avoir assez d'élèves inscrits dans leur master II et donc de voir disparaître et leur master II et leurs émoluments : l'inscription de Papy MEUJOT sécurisait pour une année encore leur master II, les administrations nationales préférant voir les vieux et les vieilles de leurs pays suivre des cours et des formations dans les universités en étant toujours dans une dynamique constructive quant à leur avenir plutôt que de les savoir délirer devant des postes de télés dans des établissements pour personnes dépendantes en attendant Godot. « et si j'avais été mort ? Que se serait-il passé ? », se demandait Papy MEUJOT qui comprenait bien que la question de sa personne n'était qu'annexe dans ces problématiques administratives et universitaires. Papy MEUJOT ouvrit le dernier courrier lisible, d'autres enveloppes ayant retrouvé forme de pâte à papier vierge de toute inscription sans doute suite à un séjour prolongé dans de l'eau présente dans la boite aux lettres. Ce dernier premier courrier incitait Papy MEUJOT à reprendre contact avec l'université dans les quarante huit heures sous peine « de voir son intellect se disloquer ». Papy MEUJOT ne comprenait pas qu'au XXIe siècle, les administrations essayaient encore d'utiliser de si grosses ficelles et la peur pour manager les populations. « C'est plus facile de contrôler par la peur mais quand celle-ci se retourne, quand la peur change de camp alors c'est la « Terreur » par exemple ! » lui avait fait remarquer Josette.
« Bah, au moins, je sais plus ou moins ce que je ferais l'année prochaine, il y a un côté rassurant », se disait Papy MEUJOT en ne parvenant cependant pas du tout à s'imaginer retourner à Paris.

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