lundi 25 août 2008

Remix "nous nous sommes amusés à réécrire des articles parus dans art press 348"



Envers et retour en avant . Il est des oeuvres que nous regardons différemment; parce qu'elles ont en elles la prémonition ou le sentiment de leurs auteurs. C'est sans doute pour cela que sont édités des romans posthumes et inachevés : parce qu'il parle de l'achévement et du retour vers le commencement. Milan KUNDERA n'a cessé d'écrire sur cette idée et Wim WENDERS tenta d'en faire un film (L'Etat des choses, _____). Quant à Jörg IMMENDORFF, il a laissé des oeuvres qui semblent de ne pas lui ressembler. C'est au moment où il se rapproche de sa réconciliation envers et avec lui-même par l'acceptation de sa fin que ses oeuvres laissent apparaître la matière des peintures. Les squelettes brandissant une faux, coupes anatomiques, corps écorchés, bébés à deux têtes et ruines antiques deviennent non morbides et étrangement familières. Et l'ombre d'une représentation de singe, cousin ancêtre de l'artiste, de faire le ménage à grands coups de balai dans ce fatras de signes et d'images contenant les oeuvres même d'IMMENDORFF . Le documentaire de Nicola GRAEF, ich immendorf (2007) permet d'appréhender ce qui se passait dans l'atelier. Le peintre s'est laissé filmer jusqu'à sa fin. Au travail avec ses assistants, il regarde, observe, critique ce qui se passe et d'être peint. L'artiste est le témoin des oeuvres en train de se faire. Et c'est sans doute pour cela que ces tableaux sont si réussis. L'artiste en est le passeur. [...] dans une apocalypse transfiguré joyeuse par les arts. ____________________________________________________

"Je me suis longuement interrogé sur la manière de représenter une nouvelle monstration de ce que j'ai fait, il y a si longtemps". [...] D'une part, les remix sont peints avec la fougue du plagiaire. L'artiste durant la scéance de travail conserve à portée de main une reproduction de l'original. Repeindre la fulgurance et l'évanescence d'un souvenir du peindre ouvre une mémoire spatiale de celui qui a peint à l'instant où c'était peint. Poursuivre un tableau c'est peut-être poursuivre cet instant , en retrouver un récit que la peinture contient. [..] "je peins une nouvelle image laquelle peut contenir ce qui dans les autres peintures n'auraient pas été aperçus. L'oeil peut poursuivre une figure dont le peintre peut anecdotiquement croire ne pas avoir été explorée auparavant." Sur ce point le remixage, en ce qu'il remet au jour, révèle des visées panéoptiques, comme le passage d'un tableau, bouleversement apparent de la surface des oeuvres. L'exercice de Repeindre ses propres tableaux est presque analogue aux exercices de repeindre les grandes oeuvres dans l'apprentissage de la peinture pour former la main des apprenti(e)s. Dans la nouvelle version de La grande Nuit dans le sceau, le personnage hébété, brandissant son sexe est désormais affublé d'une moustache et d'une chevelure coiffée en raie sur le côté, l'apparentant ironiquement à un sosie d'Adolf Hitler, "mauvais" peintre par excellence, symbole de tous les "wanna be". [ou écrivant en creux les interrogations : un homme qui bande est-il nécessairement un nazi en puissance , ou la puissance d'un homme qui bande est-elle nécessairement nazie ?]. [..]
Dans les représentations des imaginaires dominants au XIX e siècle occidental, [..] De la part d'un artiste de soixante-dix ans qui se sait passeur et permet ainsi de révéler l'étrangeté polymorphe des oeuvres. [...] "faire carrière, se vendre cher, être aimé et exposé n'est peut-être rien à voir à côté de la recherche du travail des oeuvres."

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